Chapitre 3 : "J'aurais pas dû naître
Tom jura et balança son stylo d'un geste sec et rageur. Le dit stylo rebondit contre le mur qui était juste en face de lui et lui revint en pleine face, le gratifiant d'un long trait bleu qui traversait sa joue. Le blond passa sa main dessus énergiquement en chouinant. Ca faisait plus d'une heure qu'il planchait sur un devoir à la maison de mathématiques, le tout dernier de son année de sixième, et, depuis tout ce temps, il n'y avait sur sa copie que son nom et son prénom, tracés d'une écriture très soignée certes, – en même temps, Tom avait passé un bon quart d'heure à les écrire, repoussant le plus possible le moment où il devrait se pencher sur ce bon Dieu de théorème de Thalès – mais qui ne lui vaudrait certainement pas un 20/20. Malheureusement... S'il suffisait d'écrire son nom et son prénom sur une copie pour avoir de bonnes notes en mathématiques, ça se saurait.
Et voilà qu'en plus maintenant, il se retrouvait affublé d'une énorme, et il exagérait à peine, trace d'encre sur le visage. C'était décidé, il était mal-aimé, même le mur de sa chambre se retournait contre lui. Il tira la langue à ce dernier avant de se lever en bougonnant pour aller se plaindre à Bill qui, il l'espérait, lui proposerait peut-être son aide pour faire ses exercices qui étaient juste impossibles à résoudre. Il aurait bien aimé s'en sortir tout seul pour une fois, mais s'il lisait ne serait-ce qu'une fois de plus les consignes des exercices, il allait se défenestrer.
Arrivé devant la porte de son jumeau, il attacha rapidement et grossièrement ses lourdes dreads qui coulaient maintenant sur ses épaules, retenant les sanglots de frustration qui s'accumulaient dans sa gorge et entra dans la pièce, sans frapper. Bill était étendu sur son lit. Il avait les yeux fermés et des écouteurs vissaient dans les oreilles. Il fredonnait d'une voix aigüe en se tortillant sur sa couette et ses jambes pédalaient dans le vide avec ferveur, sûrement au même rythme que la musique qu'il écoutait.
Tom s'approcha et grimpa rapidement à califourchon sur les hanches de son jumeau, enfouissant immédiatement sa tête dans son cou alors qu'il laissait échapper les pleurs qu'il ne pouvait plus retenir. Bill sursauta en sentant un corps s'allongé sur le sien et il poussa un petit cri de souris. Il ouvrit les yeux tout en retirant ses écouteurs et la voix de Nena retentit dans le silence de la pièce. Il reconnut alors la masse de n½uds qui formait les cheveux de son frère et s'empressa de refermer ses bras autour de lui, caressant son dos à travers le tissu de son polo.
Il ne lui demanda pas qu'elle était la raison de ses larmes, de toute façon Tom ne lui répondrait pas. Il le lui dirait simplement de lui-même quand il se serait calmé. Ce n'était pas la première fois que Bill voyait ce genre de situation. Tom passait du rire aux larmes pour un oui ou pour non, le plus souvent pour un non. Sa maladie décuplait la moindre de ses émotions et Bill l'avait déjà vu exploser en sanglots simplement parce qu'il ne trouvait pas la télécommande de la télévision. Son jumeau était ainsi, fragile, sensible et instable. Il voyait des souris sur les gâteaux et des éléphants roses qui traversaient la rue mais c'était comme ça.
Et effectivement, au bout de quelques minutes, les larmes se tarirent et de ce gros chagrin, il ne restait que quelques hoquets qui ébranlaient le corps de Tom. Ce dernier se redressa, assis sur le bassin de Bill et, tandis qu'il croisait les orbes chocolatés de ce dernier, il expliqua la raison de ses pleurs, reniflant tous les deux mots.
-J'arrive pas à faire mon devoir de maths. Ca fait une heure que je suis dessus.
-Et c'est pour ça que tu te mets dans tous tes états ? C'est pas si grave que ça, si ?
Tom haussa les épaules et attrapa un mouchoir sur la table de nuit avant de se moucher et de se recoucher sur le corps de son frère. Bill caressa les locks de Tom, massant son cuir chevelu, le faisant presque ronronner de contentement.
-Tu veux que je vienne t'aider, mmh ?
Tom hocha la tête dans le cou de Bill et, après quelques minutes de papouilles intensives, ils finirent par se lever pour aller dans la chambre de Tom. Ils s'assirent à son bureau et Bill parcourut l'énoncé des yeux.
-Je te l'avais déjà expliqué ça, non ?
Tom hocha la tête, penaud, avant de marmonner :
-Mais me souviens pu.
-Ok, on va tout reprendre ensemble alors, rétorqua Bill en souriant.
Et c'est avec patience que le brun expliqua point par point les mystères des mathématiques à son jumeau qui essayait de se concentrer du mieux qu'il pouvait, bien qu'il y ait toujours quelque chose pour le distraire – comme ce trombone qu'il tordait dans tous les sens et que Bill finit par lui confisquer quand il s'aperçut que Tom était plus préoccupé par ça que par nos amis Pythagore et Thalès.
Finalement, une fois que toute distraction eut disparue de sa vue, Tom finit par comprendre l'essentiel. Il reprit calmement les exercices un par un, sous l'½il vigilant de Bill qui guettait la moindre erreur, les corrigeant immédiatement.
Tom était en train de finir quand une cavalcade retentit dans la maison, le faisant sursauter, son stylo dérapant sur sa feuille. Quelques secondes plus tard, alors qu'il ronchonnait en cherchant son effaceur pour s'empresser de supprimer ce maudit trait qui faisait littéralement tâche sur sa copie, sa porte s'ouvrit à la volée et une voix criarde retentit dans sa chambre, agressant les tympans fragiles de Tom.
-Tom ! On est revenu ! Regarde ce que Maman nous a acheté !
Bill se trouvait là, dans l'embrasure de la porte, excité comme une puce, brandissant le tout dernier jeu vidéo à la mode qui consistait, on s'en doute tous, à dégommer tout ce qui bouge. Son sourire faisait au moins trois fois le tour de sa tête et ses yeux pétillaient d'excitation.
Le regard de Tom navigua de son jumeau, à sa chaise de bureau qu'il eut la surprise de trouver vide, alors que Bill y était assis à peine trente secondes plus tôt, penché sur son épaule et surveillant le moindre mot qu'il écrivait. Et maintenant, il était sur le seuil de sa chambre. Il regarda à nouveau Bill, puis de nouveau sa chaise, Bill, sa chaise, Bill, sa chaise, essayant d'évaluer la distance qui les séparait.
Est-ce que Bill était assez rapide pour traverser sa chambre sans même qu'il ne s'en rende compte ? Non, mieux : Est-ce que Bill était assez rapide pour sortir de sa chambre, aller au supermarché du coin, acheter le jeu vidéo qu'il tenait fermement et revenir dans sa chambre sans qu'il ne s'en rende compte et tout ça en quelques dizaines de secondes ?
Tom secoua la tête, chassant de son esprit les questions ridicules qui foisonnaient dans ses pensées. Il avait tout simplement halluciné le Bill qui l'avait aidé pour ses mathématiques. A moins, que ce soit l'autre Bill qu'il hallucinait... ?
-T'es une hallucination ? Demanda Tom à Bill, le regardant d'un air soupçonneux.
-Bien sûr que non, répondit ce dernier, outré.
-Mouais... Les faux Bill disent tous ça.
Bill leva les yeux au ciel.
-Qu'est ce que tu faisais ? Demanda le brun, remarquant la marque de stylo qui était toujours sur la joue de Tom, qui n'avait pas réussi à l'effacer entièrement.
-Je faisais mes maths avec... ma chaise de bureau.
[...]
Quatre mois s'écoulèrent. Les jumeaux avaient fini leur année de sixième et passaient en cinquième, avec brio en ce qui concernait Bill, de justesse pour Tom. Ils avaient passé leurs vacances d'été dans le sud de la France, se dorant la pilule au soleil se prélassant dans les eaux calmes de la Mediterranée. Ils rentrèrent avec la peau tannée et brunie et les dreads de Tom s'étaient éclaircies tandis que les cheveux de Bill restaient aussi sombres que le charbon.
Ils avaient encore pris quelques centimètres et leurs têtes dépassaient au dessus de toutes les autres, quand ils pénétrèrent dans le collège le jour de la rentrée. Ils se dirigèrent directement vers les panneaux sur lesquels étaient affichés les listes des classes. Ils y retrouvèrent Gustav et Georg qui les attendaient. Bill leur sauta au cou et Tom, plus discret, adressa un sourire timide au blond et ignora le châtain.
L'épisode de son huitième anniversaire ne lui était pas sortit de l'esprit et n'en sortirait jamais, mais il avait décidé de le garder dans un petit coin de sa tête. L'affaire n'avait pas été résolue mais était classée et c'était souvent un sujet de discorde entre les deux jumeaux, si bien que tous deux n'osaient plus ouvrir la bouche à ce sujet.
Georg n'était pas vraiment méchant, au contraire, il était plutôt gentil avec lui. Surtout sous le nez de Bill. Mais Tom surprenait parfois des sourires, ou plutôt des rictus, provocateurs et méchants ou des regards assassins qui lui étaient, à coup sûr, destinés. Il avait beaucoup de mal à cerner Georg et il se demandait si ces regards et ces sourires n'étaient juste pas le fruit de son imagination. Peut-être était-il devenu tout simplement parano en ce qui concernait le châtain ? Peut-être qu'effectivement, comme le répétait Bill à chaque fois qu'ils mettaient le sujet sur le tapis, sa maladie lui jouait des tours et ce depuis le tout début de cette histoire.
Tom ne savait plus quoi penser de tout ça. Il restait persuadé que Georg n'était pas quelqu'un de bien et qu'il avait étouffé Chaussette, mais il avait tendance à croire tout ce que lui disait Bill. Et si Bill affirmait qu'il avait tout simplement halluciné, peut-être était-ce le cas, après tout ?
Ne sachant comment réagir face à Georg, Tom se contentait désormais de l'ignorer. Il tolérait sa présence parce qu'il était le meilleur ami de Bill et qu'il ne voulait pas faire de peine à son jumeau, mais il ne lui adressait pas la parole et ne répondait pas aux questions que le châtain se bornait à lui poser.
Ainsi, ce matin-là et comme tous les matins, Georg lui demandait s'il allait bien et comme tous les matins, Tom détourna le regard et fit comme s'il n'existait pas. Il parcourut les listes des yeux cherchant son nom et celui de son jumeau. Il finit par trouver Bill, mais à son plus grand malheur, il ne se trouvait pas juste en dessous de lui. Il sentit la panique monter en lui, et il la bloqua rapidement, se persuadant que cela devait être une simple erreur.
Il reprit la liste du début, au cas où il aurait été mal classé alphabétiquement, mais non, il n'était pas sur cette liste. Il se dit alors que ce n'était qu'un oubli et regarda dans les autres listes, persuadé qu'il ne trouverait pas son nom, parce que l'administration aurait tout simplement oublié qu'il y avait deux Kaulitz. Et là, ce fut l'horreur quand il trouva son nom dans une autre classe constituée de collégiens qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam.
Il sentit une brûlure dans sa poitrine et il remarqua qu'il retenait sa respiration depuis déjà cinq bonnes minutes, depuis que le nom de Bill était apparu sans le sien. Il se força à respirer calmement, bien qu'il haletait sans même s'en rendre compte et il agrippa le poignet de Bill qui racontait leurs vacances aux deux autres.
Le brun sentit immédiatement la moiteur de sa paume et les tremblements qui agitaient son bras et il se tourna vers lui, soucieux. Le visage de Tom était en sueur et la transpiration se mêlait à ses larmes qui dévalaient ses joues constellées de plaques rouges qui s'étalaient jusque dans son cou qui palpitait furieusement. Sa poitrine se soulevait rapidement, trop rapidement au rythme de sa respiration, ses jambes flageolaient et il semblait sur le point de s'évanouir.
Bill posa immédiatement sa main fraîche sur le front brûlant de son jumeau et le prit contre lui pour le retenir si jamais il s'écroulait. Il pouvait sentir le c½ur de Tom qui battait frénétiquement contre sa poitrine et il commença vraiment à s'inquiéter.
-Putain, Tom calme-toi ! Qu'est ce qui te prend ?!Tom s'effondra en sanglots sur l'épaule de Bill et il hoqueta, incapable de prononcer le moindre mot. Bill, qui avait compris que c'était quelque chose sur les listes qui le mettait dans cet état, les parcourut des yeux. Il finit par comprendre et serra son frère contre lui.
-Tom, c'est pas grave, on va faire avec, t'inquiète pas. On se verra à toutes les récréations, et tu vas te faire des amis.Bill ne croyait pas un mot de ce qu'il disait mais il ne trouvait pas d'autre façon de rassurer son frère. Tom, lui, secoua la tête négativement, les spasmes secouant toujours son corps frêle.
-Ecoute, on peut au moins essayer, tu crois pas ? Si vraiment ça va pas, on pourra toujours voir pour changer de classe.Tom répéta son geste un peu plus violemment, s'agrippant un peu plus fort à Bill qui essayait de se dégager de l'étreinte presque douloureuse des bras de son jumeau.
-Allez Tom, s'il te plaît, calme-toi. Viens, je t'emmène à ta salle et je viendrai t'y rechercher pour la récréation.Le brun commença à avancer vers l'entrée des bâtiments, tentant de tirer Tom à sa suite, mais ce dernier se débattit, les talons dans le sol et criant d'une voix secouée de sanglots qu'il ne voulait pas y aller. Ses hurlements firent sursauter Bill et tous les regards se tournèrent vers eux. Bill se sentit vraiment mal et le visage de Tom, ravagé par la peur, la douleur et la panique le fit rapidement changer d'avis. Il reprit son frère dans ses bras et entreprit de le calmer, le serrant contre lui, l'apaisant de douces caresses et de sa voix douce.
-Chut Tom, je suis là. Je te laisse pas, c'est promis. Calme-toi, d'accord ? C'est fini, on y va pas. On rentre à la maison. Tu m'entends ? On rentre à la maison.Tom, après quelques réticences, finit par se laisser guider par Bill, toujours agrippé au corps de ce dernier, et regardant souvent autour de lui pour vérifier qu'ils rentraient bien chez eux. Quelle ne fut pas la surprise de la mère des jumeaux quand ils pénétrèrent dans la maison, Tom, cramponné à son frère qui le portait presque en lui chuchotant à l'oreille, à peine une demi-heure après qu'ils l'aient quitté.
[...]
Journal de Tom, Jeudi 4 septembre 2002 :
« C'est pas possible. Je veux pas. Je veux pas être séparé de Bill. Je peux pas être séparé de mon jumeau. Comment je vais faire sans lui ? Comment je vais me repérer dans le collège ? Ils peuvent pas me mettre dans une autre classe que lui ! Je veux pas, un point c'est tout ! Bill dit que c'est pas si grave, mais j'aimerai bien l'y voir, c'est pas lui qui est la risée de toute l'école, que tout le monde prend pour un monstre ! Il est marrant, lui. Il a juste à claquer des doigts pour se faire des amis, il aura aucun problème à s'intégrer dans sa nouvelle classe, mais moi, on va encore se foutre de ma gueule parce que je chiale pour un rien et parce que je vois des trucs bizarres. C'est pas ma faute si j'ai été fait comme ça ! En plus, après la crise de panique que j'ai fait ce matin devant tout le monde, ça va être encore pire. D'ailleurs le collège a appelé à propos de ça et du fait que Bill et moi on était pas présent en classe. Quand ma mère lui a expliqué que je voulais pas être séparé de Bill, le dirlo lui a dit que s'il l'avait décidé c'est parce qu'il pensait que ça pourrait me faire du bien d'être un peu sans Bill, que peut-être que ça m'aiderait « à faire copains-copains avec les autres ». Ma mère était d'accord avec lui, du coup elle a décidé que ce serait comme ça et pas autrement et qu'il fallait que j'arrête de faire mon bébé. Qu'est ce qu'ils me font tous chier à me dire qu'il faut que je m'intègre et que je « sociabilise », comme ils disent, avec mes petits camarades ! Je les emplâtre moi mes petits camarades, j'ai pas besoin d'eux. La seule personne dont j'ai besoin c'est de mon frère... »[...]
Finalement, après beaucoup de refus de la part de Tom, de patience et d'acharnement de celle de Bill, le blond finit par se laisser convaincre que ce n'était pas si terrible que ça. Après avoir boudé une longue semaine en refusant de sortir de son lit et encore moins pour aller au collège, il sortit de sa tanière et laissa Bill le guider jusqu'à son pire cauchemard.
Les premiers jours furent très durs, ponctués de crises de pleurs et d'angoisse mais il finit par s'habituer à ne plus avoir Bill à ses côtés pendant les cours. De plus, il s'avérait que Gustav était dans la même classe que lui et il était d'un soutien exemplaire. Il lui expliquait tout ce qu'il ne comprenait pas et ne le quittait pas d'une semelle. Quand Tom sortait d'une salle, Bill l'attendait déjà devant et l'accompagnait à sa prochaine salle de classe, quitte à être en retard pour son propre cours et à se faire remonter les bretelles. Ils finissaient leurs journées à peu près aux mêmes horaires et quand ce n'était pas le cas, ils s'attendaient mutuellement pour rentrer ensemble à la maison.
C'est ainsi que quelques semaines après la rentrée, Tom était assis sur un banc dans un parc situé juste devant son collège. Bill finissait une heure après lui. Normalement, Gustav l'attendait également pour ne pas laisser Tom tout seul, mais aujourd'hui il avait été contraint de partir directement après ses cours, il avait un rendez-vous chez le dentiste. Tom avait décidé de s'éloigner un peu du collège, car il y avait toujours des grands de troisième qui traînaient devant et il n'aimait pas rester à proximité d'eux, parce qu'ils adoraient se moquer de lui. Ils ne venaient jamais l'embêter quand il était accompagné de Bill ou de Gustav, mais il était persuadé qu'ils s'en donneraient à c½ur joie s'ils le voyaient tout seul.
Il écoutait de la musique, les écouteurs vissés dans ses oreilles et son pied battant la mesure quand il sentit quelque chose se frotter à ses jambes. Il sursauta et se pencha pour regarder sous le banc. Un chat noir se trémoussait contre ses mollets, le fixant paresseusement en ronronnant avec ferveur. Tom, pas superstitieux pour un sou, sourit en retirant ses écouteur, avant d'avancer sa main vers le matou. Ce dernier se précipita vers elle et la renifla avant de lui donner des petits coups de museau pour que Tom le caresse. Le blond s'empressa de taquiner sa gorge, sentant contre ses doigts la pomme d'Adam qui vibrait au rythme des ronronnements.
-Salut toi, chuchota-t-il,
qu'est ce que tu fais ici tout seul ?Et comme pour Chaussette quand il était encore vivant, Tom s'imagina ou plutôt hallucina que le chat lui répondit.
-Moi aussi je m'ennuie, tu veux me tenir compagnie, petit chat ?Le bruit d'un gravier qui roule sous une semelle de chaussure surprit Tom et le chat qui déguerpit rapidement. Tom se redressa et se figea de terreur. Devant lui se tenait trois élèves de troisième qui le regardaient en ricanant.
-Vous avez vu ça les mecs ? Le Chialeur parle aux chats maintenant ! Hé, le Taré, il t'a répondu le minou ?Tom ne répondit rien et baissa la tête, sentant déjà les larmes lui monter aux yeux.
-Répond à la question, espèce d'abruti ! lui ordonna l'un des trois gaillards en le frappant à l'épaule.
Tom gémit en portant sa main à son bras meurtri avant de masser sa chair douloureuse.
-Oui, finit-il par répondre d'une voix faible.
Ses tortionnaires ricanèrent de plus belle.
-Ben voyons ! Qu'est ce que tu fais ici, toute seule, fillette ?
-J'attends mon frère.
-Putain, mais tu peux pas le lâcher, Bill ?! Tu te rends pas compte que tu lui pourris la vie ? Le pauvre, je sais pas comment il fait pour te supporter. A sa place, je t'aurai déjà noyé dans une baignoire ! T'es sûr que c'est ton frère, en plus ?!Tom hocha la tête, n'osant toujours pas relever la tête.
-Je comprends pas comment un type aussi cool que Bill peut avoir cette loque comme frangin, pas vrai les gars ?Les deux autres approuvèrent bruyamment et celui qui avait parlé depuis le début et qui semblait être leur chef s'esclaffa de plus belle. Tom ne put retenir plus longtemps ses larmes et il renifla en sanglotant.
-Arrête de brailler, tu fais pitié ! Tu fais honte à Bill, tu salis sa réputation. Tu ferais mieux de te pendre comme ça on verrait plus ta sale face et Bill serait tranquille ! Il aurait plus à s'occuper d'un fou qui passe son temps à chialer.Tom pleura plus fort et il hoqueta quand il sentit quelque chose l'agripper par le col de son polo et le soulever du banc.
-Putain, qu'est ce que je viens de te dire ?! Arrête de pleurnicher ! Arrête ou je te refais le portrait !Tom s'accrocha à la main qui le tenait, tirant dessus pour la décrocher alors qu'il sentait le tissu de son tee-shirt l'étrangler progressivement. Il essaya, il essaya vraiment de s'arrêter de pleurer, mais il n'y arrivait pas. Les sanglots s'échappaient de sa gorge et les larmes dévalaient ses joues sans qu'il puisse les contrôler. Ses yeux cherchaient vainement quelque chose ou quelqu'un qui pourrait l'aider et c'est alors qu'il remarqua Georg plus loin dans le parc qui regardait la scène en ricanant. Malgré la situation précaire dans laquelle il se trouvait, la poigne autour de son cou qui le faisait suffoquer et qui privait son cerveau d'oxygène, il se fit tout de même la remarque qu'il avait raison et que Georg était bel et bien un salaud. Il n'eut pas l'occasion d'approfondir cela car il reçut un coup de poing dans sa tempe.
-Je t'avais dit d'arrêter de pleurer, la prochaine fois t'écouteras Tonton Franz !Le dénommé Franz s'apprêtait à le frapper à nouveau quand une voix furieuse fendit l'air et il stoppa son geste.
-Lâche tout de suite mon frère !Franz lâcha Tom qui retomba sur le banc, cherchant désespérément de l'air pour remplir à nouveau ses poumons. Franz se retourna et se retrouva nez et nez avec Bill. Ce dernier était plus petit et plus frêle mais il n'en était pas moins impressionnant. Ses yeux semblaient avoir le pouvoir de clouer n'importe qui aux murs et il tremblait de rage. Une aura de colère brillait autour de lui. Franz se ratatina légèrement sur lui-même.
-C'est pas ce que tu crois, Bill !
-Non, c'est vrai, t'étais pas en train d'insulter et de frapper mon frère. T'étais simplement en train de lui servir une tasse de thé, pas vrai ? rétorqua Bill, sarcastique.
-Non, mais je voulais lui donner une bonne leçon ! Attend, Bill, cette chose peut pas être ton frère, tu te rends pas compte ! Je voulais lui faire regretter de te faire honte comme ça !Apparemment, ce n'était pas la chose à dire, car Bill sembla encore plus furieux. Néanmoins, c'est avec un self-control impressionnant qu'il prit la parole.
-Et bien si, c'est mon frère, mon frère jumeau et il est comme il est. Si tu savais à quel point j'en ai rien à foutre que personne ne l'aime. Moi je l'aime, et c'est ce qui compte. Vos opinions vous pouvez vous les mettre où je pense, Tom est bien plus important que vos avis. Je t'interdis de ne serait-ce que regarder à nouveau Tom. Tu m'entends ? Tu ne le regardes plus, tu ne lui parles plus, tu ne te moques plus de lui et je te jure que si je surprend à nouveau ce genre de scène, t'auras à faire à moi.Bill aurait pu être ridicule à menacer Franz alors que ce dernier faisait au moins une tête de plus que lui, mais Bill n'était jamais ridicule et la fureur qui l'habitait ne laissait aucun doute sur le fait qu'il tiendrait ses promesses et qu'il lui en ferait voir des vertes et des pas mûres.
-Et à moi.Tom releva brusquement la tête en entendant la voix de Georg. Ce dernier se tenait aux côtés de Bill et il toisait ses camarades de classe d'un ½il menaçant.
-Pff, pas besoin de s'énerver, on voulait juste rendre service, lança Franz, tandis qu'il s'éloignait, accompagné de ses larbins.
-Oui, ben, on se passera de toi à l'avenir, rétorqua Bill.
Il s'approcha de Tom, qui était prostré sur le banc, sanglotant toujours. Il prit son visage dans ses mains et examina son arcade sanguinolente. Georg s'approcha à son tour et grimaça.
-C'est pas joli-joli. Heureusement que tu étais là, Bill. J'allais justement intervenir mais le temps que j'arrive, tu étais déjà là.
-Merci Georg. Ma prof nous a laissé sortir un peu plus tôt et je savais que Tom serait là mais je pensais pas qu'eux aussi.Tom n'en croyait pas ses oreilles. Georg prétendait avoir voulu intervenir alors qu'il avait observé la scène de loin en ricanant. Le blond ne savait plus quoi penser. Peut-être avait-il encore halluciné, mais ça faisait tout de même beaucoup d'hallucinations à son propos.
Il sursauta quand il entendit la sonnerie du collège retentir et toutes les paroles de Franz lui revinrent. Il faisait honte à Bill. Il salissait sa réputation. Il n'y avait jamais pensé avant, parce que ça ne semblait pas déranger Bill qu'il soit toujours collé à ses basques, mais Franz avait raison. Il éclatait en sanglots pour un rien, il voyait des choses complètement folles, les autres élèves se moquaient tout le temps de lui. Alors, oui, il faisait honte à Bill et peut-être que oui, il ferait mieux de se pendre.
Les collégiens sortirent de l'établissement et Tom se sentit mal. Beaucoup d'élèves passaient par le parc pour rentrer chez eux et il ne voulait pas qu'on le voye dans cet état, surtout que ça risquait encore de nuire à Bill. Il s'échappa des mains de ce dernier et partit en courant vers chez lui, ignorant les appels de son jumeau.
[...]
Quand Bill arriva à son tour à la maison, il chercha son frère partout avant de le trouver dans la salle de bain. Tom pleurait toujours et il semblait s'être renversé un pot de peinture noire sur ses dreadlocks. D'une main tremblotante, il essayait en vain de maquiller ses yeux avec un crayon noir comme Bill le faisait. Il se mit le crayon dans l'½il et pleurnicha de plus belle.
-Mais enfin, qu'est ce que tu fais, Tom ?Le blond se retourna et il hoqueta en voyant Bill.
-J'e-j'e...J'essaye de te-te-te-te... te ressembler !Bill entra dans la pièce et s'approcha de son jumeau.
-Mais tu me ressembles pas là, tu ressembles à un panda, plaisanta-t-il, en tentant de retirer l'énorme trait noir que Tom avait tracé sous ses yeux.
-Au-au-au... au moins, je-je-je je serais un panda qu'on-qu'on-qu'on aime !
-Mais je t'aime moi !
-Oui, mais pas-pas-pas les autres !Tom pleura un peu plus fort.
-Okay, bon, on va arranger tout ça, tu vas te calmer et après on en rediscutera tranquillement. Allez zou sous la douche !Tom se laissa faire quand Bill le déshabilla entièrement avant d'en faire autant et d'entraîner le blond sous la douche. Il dut lui faire trois shampooings pour que ses cheveux retrouvent leur couleur naturelle et c'est seulement au bout de trois quarts d'heures que Tom redevint celui qu'il était. Ils étaient à présent tous les deux assis dans la baignoire, se prélassant dans une eau brûlante. Tom avait fini par se calmer et ils discutaient maintenant de ce qu'il s'était passé.
-J'aurais pas dû naître. Toi, t'es génial, tout le monde t'aime et moi je suis qu'un pauvre type complètement fou qui passe son temps à chialer et qui te fais honte.
-Non Tom, tu ne me fais pas honte.
-Si, je le sais.Bill soupira avant de s'approcher de Tom.
-Ecoute-moi bien Tom. Tu ne me fais pas honte. Tu sais pourquoi ? Parce que tu es parfait à mes yeux. Certes tu vois des trucs de fou et tu pleures pour un rien, mais moi ça me fait plus rire qu'autre chose quand tu me dis que les sept nains ont pris possession des toilettes et j'aime te consoler, j'aime prendre soin de toi. J'en ai tellement rien à foutre d'eux et de ce qu'ils peuvent penser de toi. Tu es mon frère, Tom. Je t'aime. Ne laisse personne te convaincre du contraire, d'accord ?Tom hocha timidement la tête et Bill enroula ses bras autour de sa nuque. Le brun se serra contre le corps nu de son frère qui l'accueillit avec plaisir. Les jambes et les bras de Tom emprisonnèrent Bill contre lui. Ils se câlinèrent un long moment, savourant le fait de prendre un bain ensemble. Ils ne l'avaient plus fait depuis la fois où Bill avait reçu quelque chose d'étrange, sortant du corps de Tom. Depuis, ils avaient tous deux apprit ce que c'était, mais ils n'avaient pas osé réitérer l'expérience.
Seulement, ils ne mirent pas longtemps à constater que la situation les excitait un peu trop. Le contact de leurs peaux nus les électrisait et ils se retrouvèrent tous les deux avec une érection affirmée. Bill se redressa et son regard plongea dans celui de Tom. Ce dernier eut un petit sourire hésitant et avant même qu'il ne comprenne quoique ce soit, les lèvres de Bill étaient sur les siennes. Elles étaient chaudes, elles étaient humides, elles étaient enivrantes, elles étaient Bill, tout simplement.
Ils s'embrassèrent timidement, dans un premier temps, ne sachant pas quoi faire de leurs lèvres, de leurs langues et de leurs dents, puis beaucoup plus ardemment quand la langue de Bill se glissa presque par inadvertance dans la bouche de Tom qui couina de surprise. Petit à petit, ils coordonnèrent leurs mouvements et s'accordèrent, s'embrassant maintenant avec ferveur tandis que leurs mains s'enhardissaient à découvrir le corps de l'autre.
Ils avaient l'habitude de se caresser le dos, les bras, la nuque et tout ça de manière très innocente, mais ils y avaient des territoires sur lesquels ils n'avaient encore jamais osé s'aventurer et tout ça n'avait plus rien de fraternel, quand Bill posa sa main sur l'entrejambe tendue de son jumeau. Tom gémit à nouveau. Il lui était arrivé de se masturber depuis qu'il avait découvert cette pratique avec Bill, mais c'était encore mieux quand la main qui se posait sur son sexe ne lui appartenait pas.
Hésitant, il entreprit à son tour de frôler l'aine de son jumeau avant d'enrouler franchement ses phalanges autour de la colonne de chaire pourpre qu'il distinguait sous la surface de l'eau. C'est presque sans s'en rendre compte que leurs bras s'activèrent et qu'ils se donnèrent mutuellement du plaisir. Les gémissements, entrecoupés de baisers, retentirent de plus en plus fort et l'acoustique de la salle de bain aidant, résonnèrent dans leurs oreilles les excitant toujours un peu plus.
Ils ne leur fallut pas longtemps pour jouir, à quelques secondes d'intervalle, un râle d'extase s'échappant de leurs gorges et, cette fois, Bill dont l'esprit était toujours perdu dans les limbes de la volupté, ne protesta pas quand les fruits de leurs plaisirs se perdirent dans l'eau du bain.
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*se connecte sur la pointe des pieds, poste le chapitre et se tire en courant pour pas recevoir de tomates et autres légumes très salissants* xD Non, vous ne rêvez pas, le chapitre est bien là. Oui je sais, j'ai mis à peu près quatre mois pour l'écrire *rougit très fortement* mais, comme je l'expliquais à Lana, à chaque fois que je prévois de le finir pour tel jour, au final j'ai toujours un empêchement qui me tombe sur le coin du nez et du coup ça reporte l'écriture. Je suis vraiment, vraiment désolée, je vais faire des efforts pour le chapitre 5. Néanmoins, c'est vrai que nous (surtout moi --') mettons beaucoup de temps entre chaque chapitre, mais ce n'est pas une raison pour tout de suite en conclure que c'est parce que nous arrêtons la fiction. Que ce soit bien clair entre nous, le jour où on décidera pour une raison ou pour une autre de l'arrêter, et je doute beaucoup que ça puisse arriver avant que nous postions le chapitre final (oui malgré que nous soyons longues on est vraiment emballée par cette fiction), on vous le dira clairement, donc ne vous inquiétez pas à ce propos. Sinon, qu'avez -vous pensez du chapitre ? J'espère qu'il valait le coup d'attendre :s
Je continue avec nos traditionnelles questions :
-Que pensez-vous de Georg ? Est-il honnête ou souhaite-t-il vraiment du mal à Tom ? Tom n'est-il tout simplement pas devenu parano à son propos ?
-Dans quel sens la relation entre les jumeaux va-t-elle évoluer ? Le lime dans la baignoire va-t-il les éloigner ou au contraire les rapprocher encore plus ?
Je vous laisse méditer là-dessus ^^ J'attend avec impatience vos avis et vos réponses et je pense que Lana aussi. Vous savez ce qu'il vous reste à faire :p Merci beaucoup pour votre patience et votre soutien ! Gros bisoux, prenez soin de vous et à très bientôt !
Twinsexe.